Prix du Paysage sonore (Field Recording) – Phonurgia Nova
22534
post-template-default,single,single-post,postid-22534,single-format-standard,post-prix-paysage-sonore-field-recording,header_style_dark,phonurgia_side_playlist_active,ajax_fade,page_not_loaded,,qode-child-theme-ver-1.0.0,qode-theme-ver-12.0.1,qode-theme-bridge,wpb-js-composer js-comp-ver-5.4.2,vc_responsive
 

Prix du Paysage sonore (Field Recording)

Prix du Paysage sonore (Field Recording)

Quand on pense paysage, on pense immédiatement photographie, surtout à Arles. Pourtant, voilà plus de 50 ans que le paysage fait l’objet d’une attention soutenue de la part des artistes du son. Plus qu’un simple thème d’inspiration, plus qu’un objet d’étude, il est devenu un support de création. En France, les pionniers de cette démarche ont été Luc Ferrari et Knud Viktor (ce dernier exposé au Musée Réattu en 2009). Dès les années 60, ces artistes ont mis en évidence d’autres dimensions esthétiques du paysage, à l’aide de micros. À leur suite, toute une génération d’auteurs fait de la question de l’écoute de l’environnement son champ d’investigation privilégié.

Comme le rappelait Alessandro Bosetti : « Un paysage sonore peut être entendu de différentes manières : on peut s’y baigner comme dans une rivière qui coule à l’infini ou le fixer comme le fait le premier regard avec une image ; on peut en examiner de près les détails les plus intimes ou les éloigner pour en faire un arrière-plan quasiment imperceptible qui colore notre expérience quotidienne. L’auditeur immergé dans un paysage enregistré peut adopter un rôle actif ou, au contraire, laisser les sons agir sur son imagination de manière inconsciente ».

De fait, il n’y a pas qu’une posture d’écoute mais mille façons de déplacer son attention à l’intérieur d’un paysage, et c’est ce que le Musée Réattu entend révéler à travers ce Prix dont « La Chambre d’écoute » se fera l’écho.

Les nominé.e.s

Mark Ferguson / Présage (autoproduction, Grande Bretagne); Nikki Sheth / Mmabolela (autoproduction, Grande Bretagne); Fausto Caricato / Pizzo Marina, Estate 2019 (autoproduction Italie); Félix Blume / Amazônia (ARTE Radio, France); Jürgen Seizew / Watch your head (Deutschlandfunk kultur, Allemagne); Thibaut Quinchon / Dissociation, Vallée de la Rivière Rouge, juillet 2019 (autoproduction, Canada); Pablo Sanz / Strange strangers (Czech Radio, République Tchèque); Yoichi Kamimura / Hyperthermia (autoproduction, Japon).

Le Prix du Musée Réattu / Ville d’Arles 2020 est attribué à

Pablo Sanz pour strange strangers – 37’28, une production R(A)DIO(CUSTICA), Czech Radio (eský rozhlas Vltava• Ro3), R publique Tch que, avec l’aide de l’Institut Mamirau (Br sil) et de la FondationSantander

Artiste-compositeur-chercheur, il se partage entre l’Espagne et l’Irlande du Nord. Sa pratique forme une enquête sans n sur l’acte d’écoute, avec un accent sur les limites de la perception et de l’attention, encourageant une conscience écologique sensorielle. Basé sur des enregistrements réalisés à l’intérieur des territoires d’Aman et de Mamirau au centre de l’Amazonie, sa pièce propose des perspectives inhabituelles (en surface, sous l’eau et dans le registre des ultrasons), invitant à évoluer dans un monde singulier de présences non-humaines.

Une mention est accordée à

Mark Ferguson pour Présage – autoproduction (Grande Bretagne)

Basé au Royaume-Uni, connu pour ses enregistrements évocateurs des espèces animales, Mark Ferguson est un artiste sonore et acousticien de la faune. Son travail a été diffusé et joué dans le monde entier.

« Réveillon de la Saint Sylvestre 2020. Mes micros sont cachés dans un arbre sous un grand nid de corbeaux en Angleterre, près de la rivière Severn.
À minuit, villages et villes environnantes rompent le silence. Des explosions se font entendre au loin. Depuis une ferme voisine, un coup de fusil est tiré en l’air avec une arme de chasse. Plus j’écoute cette scène — la peur soudaine et l’inti- midation adressée aux autres espèces — plus je la comprends comme un aver- tissement, un présage pour 2020, lorsque la nature nous rappelle la place qui nous revient. »

Ces créations seront à retrouver en 2021 dans la Chambre d’écoute du Musée Réattu