On rembobine #3 Chantal Dumas
En 1993, elle produit La tour du vent avec Harald Brandt et ils sont faits lauréats au premier concours de création radiophonique organisé par La Muse en Circuit (Alfortville) et la SACEM.
En 1997, elle reçoit prix SACD fiction au concours phonurgia nova pour le cycle radiophonique Le parfum des femmes.
On rembobine : Le Parfum des femmes – Chantal Dumas, 66’58”, SFB Berlin, Deutschland Radio Berlin.
Ce cycle de nouvelles sonores a été conçu au cours d’un long séjour qu’elle fit en Europe entre 1991 et 1997. ” Autrement, explique-t-elle, l’idée ne lui serait jamais venue de traiter de migration. Il faut être au milieu des choses, les éprouver pour y devenir sensible”. Dans Le parfum des femmes, le dire prend corps dans la perception. Le son contient de nombreuses informations qui renseignent l’auditeur sur le temps, l’action, les lieux. À vrai dire, il suggère des images que l’auditeur est libre d’interpréter et de s’approprier. Les mots ont toujours préséance, mais dans ces trois pièces articulées, le sens circule entre les paysages sonores, la musique et le texte. C’est dans un aller-retour entre ces diverses trames narratives que l’histoire se raconte.
Chantal Dumas défriche le médium sonore à la radio et en dehors d’elle, au travers de créations radiophoniques (Hörspiel), de musiques électroacoustiques et d’installations. Deux fois primée au Concours Phonurgia Nova (une seconde fois avec Le Petit homme dans l’oreille (2001), elle a produit plus de 25 pièces diffusées par les radios publiques du monde entier (Europe, USA, Australie).
« Musique ? Non-musique ? Pour moi, répond-elle, la question est inappropriée. Mon travail appartient au domaine du sonore, de l’écoute et de la perception. Intéressée par les formes narratives, j’ai développé à cette fin une forme d’écriture sonore qui s’articule autour de quelques points : une attention au point de vue, une documentation sonore basée sur la prise de son (éléments du quotidien et paysage sonore) et la circulation de la narration entre les trames musicale, textuelle et sonore. Je conçois le support comme une boîte vide aux multiples possibilités d’occupation. Mon travail peut s’écouter comme une déambulation à travers de nombreux espaces : mental ou physique, architectural et urbain, naturel ou culturel, espaces ayant chacun leur propre résonance acoustique et affective. La fiction ne se trouve jamais bien loin derrière l’aspect documentaire et réaliste de mes productions. Mais dès la prise de son, la première manipulation du son, qu’en est-il de la réalité ? »
Chantal Dumas a présidé le jury des phonurgia nova awards à la BnF en 2017. À l’automne 2019, notre partenaire Avatar, centre d’artistes en art audio et électronique à Québec, lance une importante publication bilingue traçant le parcours créatif de Chantal Dumas. En lien avec cette publication, une quinzaine de pièces de son répertoire seront mises en écoute libre.
Sous le titre “Une psychogéographie sonore”, un bel entretien avec elle, recueilli par Clément Baudet, est disponible sur la Revue Syntone
Découvrir son oeuvre, sa biographie
