On rembobine #10 ELG
Dans le paysage radiophonique francophone, c’est un créateur atypique. Il se fait appeler Èlg. « Èlgue » (comme une algue mutante), une syllabe anti-naturelle à prononcer. Certains diront que Èlg (Laurent Gérard de son vrai nom alias LG) a donné naissance par torsion à ce phonème étrange. Musicien, chanteur, vidéaste, conteur, poète, compositeur, réalisateur, Èlg est un artiste total.
Son univers sonore d’adolescent a poussé entre le rock progressif de Magma, de Gong en passant par King Crimson et il a nourri sa culture cinématographique à la VHS ou assis devant Ciné Dimanche dans le canapé du salon quelque part en province. Il a intégré la pop culture des mass média des années 80 et 90, la culture pré-internet.
Èlg fait feu de tout bois. Avec Amiral Prose, il en est arrivé à une forme de fiction sonore. Une narration sonore entre rêve et inconscient, réflexions existentielles égarées, chansons lancinantes, le tout passé au mixer des Monty Pythons, du Big Lebowsky, de Jonathan Glazer ou de Yorgos Lanthimos. Dix comédies existentielles, des trips, des échos de ses migraines Nietzschéennes, de sa non-rencontre avec un club de ping-pong viriliste prisonnier du premier degré, des murmures d’une serveuse de snack attendrie, voilà Amiral prose.
Fabrice Osinski
