La prise de son comme acte d’écriture – Phonurgia Nova
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Approfondissement

La prise de son comme acte d’écriture

Sophie Berger

17 21 avril 2022 Dinard

Contexte

 

L’écoute microphonique modifie notre relation au sonore en déterminant une autre façon d’entendre : grossissant les moindres inflexions d’une voix, modifiant la perception des décors sonores, détails et fonds. Le propos de l’atelier est de questionner et de déplier l’acte de « prendre le son », afin que cette étape cruciale de tout travail audio soit non seulement un moment techniquement maîtrisé, mais l’endroit d’un geste créatif.

 

Objectifs

 

 

  1. saisir le potentiel narratif de toute situation d’enregistrement,
  2. imaginer de nouvelles stratégies de captation,
  3. sortir des recettes apprises pour ré-interroger sa pratique là où elle en est,
  4. comprendre comment la technique peut servir le propos
  5. apprendre à laisser le son se déployer (« faire parler le son ») et à déjouer la parole lisse (faire émerger “des voix qui racontent”)
  6. produire des situations sonores adéquates à ses projets
  7. renforcer son écoute critique (évaluer son travail en fonction d’une vision globale),
  8. devenir auteur par la personnalisation de ses gestes de preneur de son,
  9.  élargir sa culture sonore.

Contenu

 

En parlant d’écriture sonore, on pense habituellement, à raison, à ces temps particuliers du montage et du mixage où le récit s’élabore selon une grammaire propre. Or, on interroge moins le moment qui précède, celui de la captation. Et quand on le fait, on se concentre sur le contenu « qui ou quoi ? » en passant rapidement sur le « comment ? » (au-delà du seul souci de conformité technique). Pourtant, réfléchir au protocole d’enregistrement (comment préparer ce moment sensible ? quels choix explicites ou implicites s’engagent à travers lui ?) influe non seulement sur la matière que l’on va récolter, mais aussi sur la nature du récit qui pourra en découler.

Comme chaque année, Sophie Berger vous invite à échanger, discuter, analyser et pratiquer autour de ces questions et d’autres :
– Qu’est ce qu’une bonne prise de son ?
– Y a-t-il des recettes toutes faîtes ou faut-il réinventer à chaque fois le dispositif de captation ?
– Quels micros employer dans quelles situations ?
– Que faut-il récolter comme son pendant le tournage ?
– Comment anticiper quelque chose qui n’a pas encore eu lieu ?
– Par quoi commencer ? Les lieux, les gens dans les lieux, la voix des gens ?

Déroulé

 

L’atelier alterne des temps collectifs d’écoute et d’analyse, avec des temps de pratique individuelle sur des exercices brefs de prises de son, dans un aller-retour entre expérimentation et analyse critique.
La proposition est de partir des sensations d’écoutes pour tirer des fils de réflexion, (et non pas d’asséner des dogmes de prises de son). Toutes les situations de narration sonore seront examinées : enregistrement de paroles, captation d’ambiances ou de situations complexes et ce, en regard d’exemples variés, empruntés à différents champs sonores (création radiophonique bien sûr -documentaire et fiction – mais aussi bandes-son de spectacles, d’expositions, d’installations sonores….).

Chaque journée s’articulera autour d’un exercice différent. Le matin sera consacré à l’analyse de productions de créateurs sonores de référence. A partir de là, émergera une consigne de prise de son à expérimenter soi-même l’après-midi. Puis un temps sera réservé à l’écoute et l’analyse collective des enregistrements ainsi réalisés. L’implication de chacun dans les échanges quotidiens sera centrale.

Un temps d'expérimentation

 

Cette session se déroule sur 5 jours, pour permettre ainsi aux stagiaires de mettre en pratique les notions abordées, expérimenter les différents dispositifs et techniques d’enregistrement (en situation, en entretien, en studio, en extérieur, …).
Pour nourrir l’échange et le partage de savoir, et intervenir sur les enjeux concrets et personnels de chacun, les stagiaires sont invités à venir soit avec des prises de son qu’ils désirent soumettre en écoute et à la critique, soit avec leur prochain projet et les scènes d’enregistrement imaginées. Dérogeant au principe des stages Phonurgia Nova, cet atelier ne débouche pas sur une « réalisation finale », afin de laisser toute sa place à l’échange et à l’expérimentation. Le dernier jour, un temps d’écoute est néanmoins ouvert à un petit public pour partager autour des questions abordées.

Informations complémentaires

 

Public

Ce stage est clairement un module d’approfondissement. Il est ouvert à des praticiens qui souhaitent faire progresser leur compétence en création radiophonique et prise de son documentaire, et à tous ceux qui, (que ce soit dans le champ de la radio, du spectacle vivant, des expositions, ou des installations…) se confrontent à l’enregistrement comme acte d’écriture. Il constitue une suite du module « initiation artistique et technique à la réalisation sonore » mais également un prolongement possible du workshop « Documentaire sonore de création ».

Pré-requis

Les bases techniques de la prise de son sont supposées acquises (ce qui n’interdira pas de revenir sur cet aspect).

Approche pédagogique

– La formatrice prend connaissance en amont des fiches d’auto-positionnement des stagiaires afin d’apprécier les attentes et le parcours professionnel de chacun. La formation peut être ainsi déclinée dans le respect du contenu pédagogique annoncé.
– L’apprentissage par le « faire » est valorisé par la réalisation d’exercices d’applications répondant aux compétences visées. La formation conduit et enrichit la créativité du stagiaire.
– La pédagogie repose sur une dynamique participative avec la valorisation des retours d’expérience des participants et des meilleures pratiques.

Evaluation

Au terme de la formation, les stagiaires réactivent les apports de la formation au regard des objectifs visés avec l’aide de la formatrice. Le stagiaire évalue la formation afin d’attester de son niveau de satisfaction et du degré d’acquisition de compétences. Les indicateurs relevés permettent d’améliorer le dispositif de formation.

Cette formation a un taux de satisfaction de 100% (taux de répondants 71% au 09/05/2021)

Admission en formation

Chaque candidat reçoit en amont un questionnaire d’auto-évaluation dans lequel il retrace son parcours et formule ses besoins. Nous nous assurons ainsi de l’adéquation de ses attentes avec les caractéristiques de la formation. Ce questionnaire d’autoévaluation est à solliciter et à retourner par mail (info@phonurgia.org) au minimum un mois avant le début de la formation.

Moyens pédagogiques

– Une équipe logistique présente notamment pour faciliter les prises de sons (lieu, matériel, contacts…) et la vie du stage (repas, déplacements, hébergement, questions pratiques)

– Une bibliothèque d’ouvrages sur le son, l’écoute, les arts du son et de la radio (env. 500 références) et une importante phonothèque d’étude.

Moyens techniques

Nous vous recommandons de vous munir de vos propres équipements (casque, micros, enregistreur, ordinateur) si vous en possédez.  Vous conserverez ainsi vos repères personnels, et pourrez en approfondir la maîtrise. Nous mettons à disposition du matériel que vous pourrez tester. Stations de montage MacBookPro et PC équipées du logiciel Reaper. Surfaces de contrôle Icon Plateforme M. Ecoutes monitoring : Cabasse Goelette, Yamaha HS8 MP ou Génélec 8040. Enregistreurs : Zoom H5 et Sounddevice MixPre 3. Casques : Beyerdynamic DT 770 Pro. Microphones : Beyer 88, Rode NT3, NT4, NT5, Shure SM58, AudioTechnica AT 825, AT 40415, AT 8022, Sennheiser MD 21. Schoeps CCM41 et CCM8. Perches, bonnettes, Rycote.

Intervenant

 
Sophie Berger

©Valentin Uta

Créatrice sonore et Ingénieure du son, formée à l’ENSATT, École Nationale Supérieure des Arts et Techniques du Théâtre. A la radio, elle a réalisé entre autres « Loire » (2013), « Cargo » (2015), « 49°00’Sud » (2018), « Rapa Nui » (2020), diffusées sur France Culture, la RTBF, ARTE Radio et dans de nombreux festivals.

Elle crée également du son pour le spectacle vivant (danse & théâtre), notamment avec Anne Théron depuis 2015, mais aussi pour des installations, des expositions pour des Musées ou encore d’autres formats dans le cadre de projets atypiques et de collaborations (avec des dessinateurs, vidéastes) : websérie, carnet sonore et dessiné… Elle amorce une réflexion spécialement sur l’enregistrement dès ses premiers projets radiophoniques qui sont souvent le fruit d’immersions au long cours dans des territoires, expériences radicales de « disponibilité » du preneur de son. Elle a reçu le prix Découverte Pierre Schaeffer Phonurgia Nova en 2014 pour « Loire ».

www.sophieberger.com

Retour d'expériences

 

Informations

 
5-9 avril 2021, Arles 17-21 avril 2022, Dinard Arles Toutes les sessions :
Dinard Toutes les sessions :
17 Avr  21 Avr 2022

Durée : 5 jours (35h)
Effectif : 8 participants maximum
Etudiants : 400 euros
Salariés sans prise en charge : 600 euros
Formation continue : 1 680 euros
Financement AFDAS ou autre OPCA possible

Plus de renseignements sur ce stage
Par téléphone au 06 09 64 65 39
Par email : info@phonurgia.fr