Des rushes à la réalisation : le montage comme écriture – Phonurgia Nova
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Approfondissement

Des rushes à la réalisation : le montage comme écriture

Antoine Richard

17 20 mai 2023 1ère partie : Arles 25 28 août 2023 2ème partie : Dinard

« On dit qu’un documentaire s’écrit trois fois : à l’écriture du projet, au tournage, et au montage. »

 

L’élaboration d’un documentaire sonore se déploie généralement sur un temps long. Jadis, à l’ACR de France Culture (1), cette gestation se comptait en mois. Elle s’opérait en équipe, dans un dialogue entre opérateur du son, co-équipiers, coordinateur et mixeur. Cette temporalité et ce dialogue permettaient de réfléchir longuement au sujet, à l’alliance du fond et de la forme. « Il y avait toute la réflexion, toute la maturation de la chose et surtout des sons que l’on glanait au fur et à mesure de la réalisation » se souvient Marie-Ange Garrandeau, «ce qui permettait de travailler de manière presque illimitée sur un seul documentaire ».
Aujourd’hui encore – qu’il s’agisse d’envisager le micro comme un outil de questionnement social ou politique, un support de dévoilement personnel ou de réflexion sur le monde – l’écriture documentaire implique d’emprunter plus d’un chemin et d’en rebrousser parfois, pour s’engager dans de nouvelles voies.
Parmi les difficultés les plus fréquentes, il arrive que la matière enregistrée déborde son auteur. Comment gérer cet excès ou cet écart pour aborder sereinement l’étape d’écriture qui passe par le montage, le mixage, mais implique aussi nécessairement l’abandon de certaines pistes narratives au profit d’autres options ? Comment prendre du recul avec ce que racontent les sons alignés sur les pistes ? Comment, à partir d’un échafaudage provisoire de rushes, (ré)interroger ce qui a déclenché le désir initial de documentaire, pour relancer sa construction ?
Parfois, ce processus gagne à être partagé. D’autant que ce partage revient souvent à s’autoriser davantage. C’est le but de ce nouveau workshop qui vise à « dynamiser » ce temps du montage.
En deux sessions (2 fois 4 jours entrecoupés d’un temps de travail personnel d’un mois minimum, pendant lequel les participants pourront emprunter du matériel de prise de son pour retourner sur le terrain), il s’agira de creuser son geste documentaire, ses options de narration, afin d’aboutir à une construction sonore équilibrée et forte.

Objectifs pédagogiques

 

A partir de ses propres rushes et d’un projet entamé

1.          Apprendre à concentrer son projet
2.          Travailler sa relation au « sujet »
3.          Comprendre qu’au-delà du sujet la force d’un projet documentaire réside dans son traitement.
4.          Se donner de nouvelles options d’écriture à partir du matériel collecté
6.          S’écarter du discursif pour développer un narratif au-delà des mots
7.          Devenir inventif dans ses formes de montage
8.          Repenser ses techniques d’enregistrement
9.          Se confronter à l’écoute des autres (stagiaires et intervenant.e.s)
10.       Briser ses aprioris sur la forme documentaire, en explorant d’autres domaines qui peuvent ouvrir des pistes d’écriture.

 

Déroulé

 

PREMIERE SESSION

Elle sera consacrée à un panorama du documentaire sonore de création, dans son approche formelle et technique. Puis nous plongerons, collectivement d’abord, dans les travaux en cours de chacun, et ensuite de manière individuelle. A l’issue des quatre jours, vous repartirez avec un regard nouveau sur la structure de votre documentaire et des propositions méthodologiques et techniques pour le développer.

Travail collectif coordonné par le formateur :
–     Présentation de chaque projet
–     Identification des intentions profondes et des enjeux, analyse structurelle de chaque projet
–     Optimisation des méthodes de dérushage
–     Organisation de son espace de travail (logiciel)
–     Adoption de nouveaux outils de visualisation de l’œuvre dans son ensemble
–     Evaluation de la qualité de ses prises de son en cohérence avec le traitement formel donné à l’œuvre
–     Comprendre ce que l’on pourra confier au mixage, et ses limites

Travail individuel avec le formateur :
–     Écoute et analyse de ses rushes
–     Evaluation des forces et faiblesses du projet, en comprendre la structure.
–     Affirmer et maitriser ses aspects formels : rythme,  espace(s), création sonore ou musicale, cohérence des aspects techniques (notamment la prise de son).
–     Sélection en conséquence des rushes
–     Montage de séquences
–     Articulation d’une première esquisse narrative

Echanges avec le groupe :
–     Ecoute et analyse collective des montages réalisés
–     Ecoute d’œuvres sonores en résonance formelle ou thématique avec les projets entamés, ou pouvant nourrir d’autres pistes d’écriture
–     Entretiens en visio avec des intervenants invités

ENTRE LES SESSIONS

Vous serez invités à poursuivre votre travail d’écriture, prise de son, montage, etc… et à vous projeter vers un état plus avancé de votre projet. Durant l’intervalle entre les deux sessions, chaque participant aura la possibilité d’échanger en visio avec l’intervenant.

DEUXIEME SESSION

Dans la continuité de la première session, nous mettrons en commun les projets de chacun, pour mesurer collectivement les évolutions et évaluer les nouveaux chemins à emprunter.
Pour celles et ceux qui auraient abouti une première forme, nous les écouterons et analyserons.
Puis, individuellement, nous poursuivrons le travail de montage et de pré-mix avec l’idée que chacun reparte avec une V1 de son projet documentaire.

Pendant les temps collectifs :
–     Écoute et discussion autour de chaque projet, évaluation de son avancement et des pistes à poursuivre.
–     Écoute d’œuvres sonores en résonance formelle, thématique avec les projets entamés
–     Approche des réseaux de diffusion du documentaire radiophonique, constitution d’un « carnet d’adresse » de diffuseurs potentiels (structures publiques, privées, radio, podcast, festival, prix et concours, presse, etc…)

Travail individuel :
–     Ajustements, ré-orientation et/ou ré-écriture des projets
–     Poursuite du travail de montage avec le formateur dans l’idée d’aboutir à un « ours » (version 1 du montage final).
–     Si utilisation de musique, d’extrait de film ou autre œuvre pré-existante, questions relatives au droit des auteurs
–     Approche des premières idées de mixages et réalisation d’un pré-mix.
–     Ecriture d’un premier dossier de communication (note d’intention, textes de présentation, générique, etc…) après identification des possibles diffuseurs
–      Bilan et perspectives individuels pour la finalisation de chaque projet

Fin de stage :
–     Bilan collectif et dernières questions

Informations générales

 

Public

L’atelier s’adresse à des auteur.ice.s qui désirent se professionnaliser dans la réalisation documentaire.

Pré-requis

Aisance avec les outils de prise de son et de montage  : connaitre les bases du montage sur un logiciel dédié (tout type de logiciel professionnel comme reaper, logic, nuendo, protools etc…).

Un projet de documentaire sonore dont le tournage est entamé.

Curiosité pour les formes sonores, notamment documentaires

Approche pédagogique

Le formateur/la formatrice prennent connaissance en amont des attentes et du parcours de chacun.e.

Evaluation

  • Pré positionnement en amont de la formation : dossier + entretien
  • Évaluation en continue par le formateur/la formatrice
  • Évaluation finale avec mise en situation : réalisation d’un projet documentaire

Un entretien individualisé à l’entrée en formation et à l’issue de la formation, permettent de mesurer la progression réalisée par chaque participant au regard de ses objectifs personnels. Une attestation individuelle de fin de formation, rappelant les objectifs visés, est remise à chacun. Un questionnaire d’évaluation qualitative du stage est soumis à chaque participant après la formation et analysé par l’équipe pédagogique. Ces retours permettent d’optimiser le dispositif du stage.

Admission en formation

Chaque candidat reçoit en amont de la formation un questionnaire d’auto-évaluation dans lequel il retrace son parcours et formule ses besoins. Nous nous assurons ainsi de l’adéquation de vos attentes avec les caractéristiques de la formation. Ce questionnaire d’autoévaluation est à solliciter et à retourner par mail (info@phonurgia.org) au minimum un mois avant le début de la formation.

Critères d’admission :

– Pertinence du média sonore au projet décrit par les candidats

– Potentiel artistique et originalité de celui-ci

– Entretien préalable avec l’organisme de formation

Moyens pédagogiques

Travail individuel et collectif (avec possibilité d’emprunter du matériel de prise de son pour aller plus loin dans la quête du matériau sonore)

Découpage en deux fois 4 jours
Un studio doté d’une bibliothèque sonore et d’une phonothèque de référence.

Option : Les journées 2 et 3 se clôturent par l’écoute collective et analytique d’un documentaire emblématique, pour apprendre à questionner les partis pris de réalisateurs contemporains /ou patrimoniaux.

L’encadrement est assuré par des professionnel·les en activités et engagés en faveur du documentaire de création.

Moyens techniques

Nous mettons à disposition du matériel de prise de son, montage et mixage. Parmi lesquels : stations de montage MacBookPro et PC équipées du logiciel Reaper. Surfaces de contrôle Icon Plateforme M. Ecoutes monitoring : Cabasse Goelette, Yamaha HS8 MP ou Génélec 8040. Enregistreurs : Zoom H5 et Sounddevice MixPre 3. Casques : Beyerdynamic DT 770 Pro. Microphones : Beyer 88, Rode NT3, NT4, NT5, Shure SM58, AudioTechnica AT 825, AT 40415, AT 8022, Sennheiser MD 21. Schoeps CCM41 et CCM8. Perches, bonnettes, Rycote. Nous vous recommandons néanmoins de vous munir de vos propres équipements (casque, micros, enregistreur, ordinateur) si vous en possédez. Vous conserverez ainsi vos repères personnels, et pourrez en approfondir la maîtrise.

 

 

 

(1) L’Atelier de création radiophonique (ACR) fut fondé en 1969 par Alain Trutat dirigé par René Farabet pendant 30 ans et arrêté par Laure Adler en 2001. Considérant la radio comme un des beaux-arts, Alain Trutat le concevait comme “un lieu de travail” permettant de mettre en chantier des productions radiophoniques « beaucoup plus poussées, beaucoup plus affinées ». Dans la lignée du studio d’essais de Pierre Schaeffer, il aura permis à de nombreux auteurs et autrices, français et étrangers, de produire des œuvres personnelles, ou collectives, tant dans les domaines du documentaire, de la fiction, que dans des formes hybrides ou expérimentales. Parmi elles et eux, on peut citer Georges Perec, Claude Ollier, Kaye Mortley, Yann Paranthoën, Christian Rosset, Jean Thibaudeau, Marguerite Duras, Andrew Orr, Nicolas Frize, Michel Chion.

Intervenant

 
Antoine Richard

Réalisateur et créateur indépendant, Antoine Richard a étudié l’écriture sonore à l’Ensatt avec Daniel Deshays, après un cursus musical. Son approche élargie de la création et de la réalisation sonore l’emmène à travailler dans différents domaines artistiques : la radio, le théâtre et la danse, la muséographie, le cinema, la musique. Il travaille notamment pour France Culture et fait partie du collectif et ONG Making Waves, et enseigne la réalisation sonore dans différentes structures de formation. Il poursuit par ailleurs l’élaboration de ses propres créations sonores dans lesquelles il explore avec sensibilité les territoires de l’intime, et s’attache à inventer des formes qui tendent à décloisonner les genres. Son travail a été récompensé par le Prix Italia et le Grand Prix Fiction de la SGDL (Le chagrin – 2016), le prix Phonurgia Nova du documentaire (sur la touche – 2018,  la ou se rejoignent les rivières  / mention du jury 2022), le prix SACD jeune talent avec l’ensemble de la compagnie Les Hommes Approximatifs (2018 théâtre). Il fait partie de la compagnie des Hommes Approximatifs dirigée par Caroline Guiela Nguyen, et travaille à la création sonore des spectacles de Matthias Langhoff, Jean-Louis Hourdin, Richard Brunel, Julie Delille, Olivier Maurin. Il a fondé en 2021 silencesplateaux.fr , association et plateforme en ligne dédiée aux professionnel.le.s de la création sonore pour la scène.

www.antoinerichard.fr

Informations

 
17-20 mai 2023, 1ère partie : Arles 25-28 août 2023, 2ème partie : Dinard 1ère partie : Arles Toutes les sessions :
17 Mai  20 Mai 2023
2ème partie : Dinard Toutes les sessions :
25 Août  28 Août 2023

Durée : 2 x 4 jours + visio 1 heure (57 heures)
Effectif : 7 participants maximum
Etudiant : 600 euros
Individuel : 900 euros
Formation continue : 2730 euros

Plus de renseignements sur ce stage
Par téléphone au 06 09 64 65 39
Par email : info@phonurgia.fr